l'Américaine de Lahontan Décédée à 107 ans 

Valie Adamson 1895 - 2002

Le village de Lahontan s'est réveillé, dans le frimas, et la gelée matinale, mais surtout avec la douloureuse nouvelle du décès de Valie Adamson, née Tisné, à l'âge de 107 ans. Visage emblématique de la commune où elle naquit le 2 janvier 1895, dans la maison familiale Lacoste.

A cette époque, la France était plongée en pleine affaire Dreyfus; Félix Faure était le président de la Ill' République et Jules Ferry venait de légi-férer sur la laïcité de l'école publique. En 1909 Valie avait 14 ans, lorsqu'elle quitta sa famille pour aller travailler chez Marie-Brizard à Bordeaux, comme garde d'enfants. Ensuite à 19 ans, elle s'aventura à Paris, comme petite main dans une maison de couture, alors que partout en France, éclataient les combats de la Première Guerre mondiale.

Ce fut dans un restaurant des Champs Elysées, en plein conflit de 1914, qu'elle rencontra l'aviateur américain Austin Adamson. Ils se marièrent en 1918 le 18 mai à la mairie du 9" arrondissement.

Valie quitta la France en compagnie de son époux, ils s'embarquèrent sur un paque- bot direction Philadelphie. Elle partagea 27 ans de sa vie avec cet aviateur. 

Valie posa définitivement ses valises à Lahontan en 1983, elle avait alors 88 ans, et coula des jours paisibles auprès de son neveux Gérard Labaste. On l'appela alors l'Américaine et le resta dans l'âme at vitam adtemam.

Que de moments historiques importants ont jalonné sa vie! Les grandes inventions du début du XXe siècle, les deux guerres, les changements de chefs d'Etat, etc. De tout ceci, elle aimait en parler avec émotion, avec une lucidité incroyable.

Toujours avec une pointe d'humour, parfois même avec un léger accent américain, cher à son coeur. Pour elle, ces souvenirs là, lui permettaient encore de voyager à travers le temps, pour ceux qui l'écoutaient raconter son histoire, c'était un vrai conte de fées. Parmi les moments importants de sa vie, il y eut cette sculpture, la Mude, 

traduisez la muette, que Jean-Lu-cien Tissé, sculpteur, réalisa en 1914.

Et c'est Vali Adamson qui posa pour cet artiste de Salles-Mongiscard, ce buste fut transporté en 1920 au Jardin public de Salies, où il fut inauguré.

Aujourd'hui, récemment restaurée par Maïtena Louga-rot Josué, cette statue a 

retrouvé sa place à Salies, la Mude trône avec fierté devant le musée du sel et immortalise à jamais l'Américaine. Valie Adamson s'est éteinte, tranquillement, entourée de ses proches, Noël et Huguette Hustaix, qui l'avaient accueillie chez eux à la mort de son neveu Gérard Labaste.

Tout le village est endeuillé par cette disparition, cette doyenne representait à elle seule les plus anciennes racnes de Lahontan. Valie était une femme coquette, ses beaux cheveux blancs enserrés dans un filet invisible encadraient un joli visage, ses yeux pétillants et rieurs surprenaient toutes les personnes qui l'approchaient, même les rides n'ont pas eu raison du temps sur elle.

L'Américaine vouait une grande admiration à la famille Kennedy, aimait u Questions pour un champion et ne ratait jamais la messe du dimanche à la Télévision. Avec elle, c'est une mémoire vivante qui s'en va.