L'ours brun des Pyrénées

En France, au 18e siècle, des centaines d’ours vivaient dans les Alpes, les Vosges, le Jura et les Pyrénées. Traqués par les chasseurs et les éleveurs, on ne comptait déjà plus aucun ours, en dehors des Pyrénées, dès le début du 20e siècle.
En 1920, environ 200 ours étaient encore recensés dans les Pyrénées.

Après la mort de la dernière ourse de souche pyrénéenne, Cannelle, abattue par un chasseur en novembre 2004, il y a une réelle mobilisation pour réintroduire des ours dans nos montagnes.

L’Ours brun présente de grandes différences de poids selon les régions. Dans les Pyrénées, les mâles adultes pèsent plus de 200 kg et les femelles environ 100 kg, pour une hauteur au garrot variant entre 80 et 110 cm. L’Ours brun pyrénéen est le plus petit représentant de la famille des Ours en Europe.

Autrefois présent partout en France, on ne le rencontre plus aujourd’hui que dans les milieux forestiers et il n’est présent que dans les Pyrénées. Dans ce massif, l’Ours brun habite principalement les régions accidentées et boisées où il trouve un abri et une nourriture variée.

Surtout nocturne et crépusculaire, il peut être diurne s’il n’est pas dérangé. Le domaine vital d’un individu adulte stabilisé varie de 70 km² pour une femelle avec des oursons à plus de 500 km² pour un mâle adulte et se situe essentiellement sur l’étage montagnard. Les mâles sont capables de grands déplacements, franchissant des cols à près de 3 000 mètres d'altitude, en un ou deux jours, au printemps à la recherche des femelles.

Les repas de l'Ours brun sont constitués à 70 % de végétaux (fruits, baies, châtaignes, framboises, myrtilles), de divers insectes mais parfois aussi de gros mammifères sauvages ou domestiques. A l’occasion, il ne dédaigne pas à se nourrir sur des charognes, voire à attaquer des troupeaux de brebis. Ses dégâts sur les troupeaux sont source de problèmes de cohabitation avec les éleveurs.

L’Ours brun n’hiberne pas mais hiverne, c’est-à-dire que son sommeil hivernal (dès novembre pour les femelles et en décembre pour les mâles) est entrecoupé de périodes de réveil, voire de sorties. Ce n’est que vers la fin mars (avril pour les femelles) que le réveil définitif se produit. Le rut se déroule de mai à fin juin.  Il provoque l’ovulation mais l’implantation des embryons ne se fait que début novembre. La gestation dure six à huit semaines et les naissances ont lieu en janvier et février durant l’hivernation. L’oursonne met bas 1 à 3 petits par portée, souvent 2, tous les 3 ans ou plus. Le jeune à la naissance pèse environ 500 grammes. Il est aveugle et presque nu. En avril-mai, les oursons sortent de leur tanière avec leur mère. Ils resteront avec elle pendant 2 à 3 ans. Ils sont sevrés à 1,5 an. L’Ours brun se fixe sur un nouveau territoire vers 6-7 ans et peut vivre plus de 30 ans en nature.

L’Ours est une espèce menacée et protégée dans toute l’Europe de l’ouest. Plusieurs siècles de chasse et de braconnage, une fréquentation humaine assidue des massifs montagneux, ont presque réussi à éradiquer l’Ours de la plupart des vallées pyrénéennes, l’espèce ayant disparu depuis plus de 50 ans des vallées alpines. Alors qu’en 1950, une cinquantaine d’ours se partageaient un territoire de 200 000 hectares dans les Pyrénées-Atlantiques, à la fin des années 1990, il ne restait plus que 6-7 ours. Suite aux opérations de réintroduction entreprises depuis 1996 dans les Pyrénées centrales, on compte aujourd’hui une cinquantaine d'ours sur la chaîne des Pyrénées françaises. A l'automne 2018, deux femelles ourses ont été réintroduites en vallée d'Aspe, portant à quatre le nombre d'ours dans le Parc national des Pyrénées.

Longtemps pratiquée, la chasse de l’ours brun a été interdite à partir de 1958, mais l'ours brun n’a été protégé que suite à l’arrêté interministériel du 17 avril 1981 fixant la liste des mammifères protégés sur l'ensemble du territoire, modifié par l'arrêté du 22 juillet 1993, intégrant les dérogations prévues par la Convention de Berne et la Directive Habitats.