POPULATION D'OURS DES MONTS CANTABRIQUES (Espagne)

En Espagne, hormis dans les Pyrénées, on trouve des ours dans les Monts Cantabriques, au nord-ouest du pays. Les ours bruns des Cantabriques,

Les plus occidentaux du continent européen, sont également les plus proches des derniers ours pyrénéens. Les populations pyrénéennes et cantabriques sont séparées depuis le XVIIIème siècle au moins et actuellement, le hiatus est d'au moins 250 km (à vol d’oiseau).

Il existe deux noyaux de population qui ne communiquent pratiquement pas entre eux, le noyau oriental (régions de Cantabria, Palencia, Asturies et de Léon), avec 25-30 individus et le noyau occidental (ouest de Léon, Asturies et Galice) avec une centaine d’individus. Les deux populations sont distantes de 30 à 50 kilomètres.

Le noyau occidental est le plus important. Il comprend actuellement plus d'une centaine d'individus. En 2005, cette population comptait environ 100 individus et augmentait de 7,5% par an. La population de ce noyau occidental est en augmentation, tant spatiale que numérique. l’aire de répartition augmente

(plus de 3000 km² au total sont occupés par le noyau), les femelles se reproduisent de façon plus uniforme sur cette aire, des indices de présence d’ours sont trouvés dans la partie basse des vallées, aux portes d’Oviedo, la capitale régionale des Asturies. Les reproductions sont nombreuses (11 femelles reproductrices en 2004 ; 12 femelles en 2006, donnant naissance à plus de 20 oursons) malgré un déséquilibre des sexes en faveur des mâles et une variabilité génétique assez faible.

Il y a dans ces régions une politique de conservation de l’ours qui comprend des restrictions de circulation des véhicules non professionnels sur un certain nombre de pistes, des zones sensibles où la pénétration est réservée aux éleveurs, des zones sans battues dans des secteurs d’élevage de jeunes. L’habitat est relativement intact, avec peu d’accès routiers dans les massifs forestiers ou les pâturages d’altitude.

Néanmoins, sa restauration est très récente. Si cette population n'est pas menacée à moyen terme, elle reste fragile et des destructions illégales sont toujours constatées (poison, piège et tir).

A l’avenir, l’une des plus grandes difficultés sera de maintenir des mesures garantissant la tranquillité de l’espèce, avec des limitations de pénétration humaine, dans des zones d’alimentation automnale ou d’élevage des jeunes face au développement des visiteurs et à la demande des chasseurs.

Le noyau oriental comprend moins de 30 individus et s'étend sur environ 2500 km². Il est dans une situation préoccupante du fait de son effectif, du faible nombre de femelles reproductrices (1 en 2004, 3 en 2005 avec 6 oursons), de la consanguinité, des atteintes à son habitat, du braconnage et du poison.

Les atteintes à l’habitat, par la construction de réseaux de pistes utilisées pour la chasse, l’exploitation de mines à ciel ouvert, la construction de stations de sport d’hiver, constituent également des menaces graves sur ce noyau oriental.

Actuellement, la population totale est estimée à 130 individus.

Même si le noyau occidental est - numériquement - considéré comme viable, de nombreuses menaces pèsent sur ce dernier ainsi que le noyau oriental.

Entre 1999 et 2005, 995 pièges illégaux ont été retirés de la nature par la Fundación Oso Pardo (Fondation Ours Brun) sur l'ensemble des Monts Cantabriques, dont 545 dans les Asturies. Ces pièges sont utilisés principalement pour les sangliers mais également pour la viande (cerf, sanglier). L’utilisation des ces pièges est un des dangers qui menacent l’ours brun en Espagne, pouvant causer des blessures, des amputations et la mort.

Le braconnage et l'empoisonnement sont également toujours d'actualité. En 10 ans (1998 à 2007), 7 ours ont été retrouvés morts empoisonnés dans les Monts Cantabriques.

Toutes ces raisons expliquent le refus des autorités espagnoles de transférer quelques ourses cantabriques dans les Pyrénées. Par contre, une fois les principales causes de mortalité et de dérangement règlées dans le noyau oriental, il est possible que des individus du noyau occidental viennent renforcer le noyau oriental.