L'ours brun des Pyrénées

En France, au 18e siècle, des centaines d’ours vivaient dans les Alpes, les Vosges, le Jura et les Pyrénées. Traqués par les chasseurs et les éleveurs, on ne comptait déjà plus aucun ours, en dehors des Pyrénées, dès le début du 20e siècle.
En 1920, environ 200 ours étaient encore recensés dans les Pyrénées.

Après la mort de la dernière ourse de souche pyrénéenne, Cannelle, abattue par un chasseur en novembre 2004, il y a une réelle mobilisation pour réintroduire des ours dans nos montagnes. Cependant, cette sous-espèce d’ours brun est bel et bien éteinte à cause d’une brute barbare. La chasse était interdite depuis 1961 et un parc avait été créé. Cette extinction s’explique par le développement de l’activité humaine sur les territoires  multiplication des réseaux routiers et des chemins forestiers.
Ces pistes sylvicoles servent de moyens d’accès aux promeneurs et aux chasseurs de gros gibiers qui arrivent avec leurs meutes de chiens hurlants.

Ces intrusions répétées, lors de moments sensibles comme l’hivernage ou la mise bas, ont totalement perturbé la tranquillité des ours.

Tous les ours sont des animaux solitaires qui aiment avant tout la quiétude.

L’autre problème est venu des bergers qui se plaignaient des ravages occasionnés sur leurs troupeaux. Ils invoquaient bien sûr la légitime défense pour se faire justice à coup de fusil. Le Fonds d’Intervention écopastoral (FIEP) a dédommagé les bergers et entrepris une campagne de sensibilisation. Malheureusement, étant donné leur nombre dérisoire, les ours des Pyrénées étaient voués à l’extinction. Le seul moyen de conserver des ours dans ces montagnes est donc de réintroduire de nouvelles espèces.

L’ours suédois fut d’abord retenu car il est le plus proche génétiquement. Mais, les chercheurs se sont rendus compte que son régime alimentaire très carnivore et son rythme biologique différent risquaient de poser problème.

Finalement, le choix s’est porté sur des ours de Slovénie, âgés de 3 ou 4 ans.

La mort de Cannelle a relancé le débat de cette implantation. Les défenseurs de la nature dont le FIEP ont demandé officiellement au ministre de l’écologie que cinq ours soient rapidement relâchés dans la région.

Comme vous le constatez, il ne s’agit nullement de relâcher des centaines d’ours mais seulement quelques spécimens dont deux femelles.

Pourtant, cela semble créer une véritable polémique totalement ridicule.