Le Lagopède alpin - Ptarmigan

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Le Lagopède alpin ou Perdrix des neiges est un oiseau d’origine arctique de la famille des tétraonidés. Il change de plumage à trois reprises au cours de l'année. De fin novembre à fin mars, le plumage des deux sexes est entièrement blanc à l'exception des rectrices noires. D'avril à octobre, il est à dominante gris foncé pour les coqs et brun-fauve pour les poules, le tout plus ou moins panaché pour les deux sexes de fines barres noires, blanches ou brunes. Le poids varie de 420 à 540 g pour les coqs et de 350 à 480 g pour les poules. Dans les Pyrénées, le lagopède alpin occupe, selon la saison, des altitudes comprises entre 1 800 et 3 000 m, avec une préférence pour les versants nord.

Les roches sont souvent abondantes (éboulis, moraines, blocs, pierrailles) et le lagopède les recherche pour s’abriter.

Au printemps, la plupart des poules nichent entre 2 100 et 2 600 m, aussi bien dans les landes à éricacées que plus haut dans la végétation rase constituée de pelouses et de landes mêlées de zones rocheuses. En été, les poules recherchent pour l’élevage de leurs jeunes une végétation herbacée dense d’une hauteur de 10 à 20 cm et riche en nourriture pour les poussins (invertébrés, bulbilles de renouée vivipare). Notons que les habitats d’élevage de jeunes sont souvent pâturés par des troupeaux d’ovins.

En hiver, les lagopèdes fréquentent les arêtes et les sommets balayés par le vent où leurs plantes nourricières sont accessibles. Parfois ils descendent dans la forêt pour prélever des bourgeons de saules ou de rhododendron. Pour passer la nuit, les lagopèdes recherchent des secteurs enneigés où ils se logent dans une dépression ou une cuvette favorisant la conservation de leur chaleur corporelle.

En été, la prise de nourriture débute à la pointe du jour, s’interrompt en milieu de journée et reprend le soir jusqu’au crépuscule. La nourriture est prélevée au cours de déplacements dépassant rarement 50 à 100 m en altitude, sauf en hiver, où la rareté de la nourriture accroît l’importance des déplacements journaliers. A cette saison, il profite de la neige pour limiter les déperditions de chaleur, mais à la différence du tétras-lyre, il ne creuse pas de galerie sous la neige pour s’abriter. Au printemps, le chant du coq commence une heure avant le lever du soleil, et ne comporte en moyenne que de 4 à 8 strophes, accompagnées parfois de vols nuptiaux.

L’espèce est monogame. Dès le mois de mars, les coqs occupent leur territoire de reproduction où ils se manifestent par des chants et des vols de parade. Les couples se forment en avril-mai. Fin mai, la poule dépose 5 à 9 œufs dans une petite cuvette à même le sol, le plus souvent à l'abri d'un rocher ou d'un arbrisseau. En cas d'échec de la première ponte, les poules font parfois une ponte de remplacement de plus petite taille. Si les premières éclosions peuvent être observées fin juin, l'essentiel des éclosions survient vers la mi-juillet. A ces hautes altitudes, les conditions climatiques sont rudes pour les poussins et la mortalité juvénile est donc importante. En conséquence, une moyenne de deux jeunes par poule au mois d'août est une valeur rarement atteinte.

L’adulte est presque exclusivement végétarien. En hiver, il se nourrit des rameaux de saules nains, de callune ou de myrtille, ainsi que des feuilles d’azalée naine, de la dryade à huit pétales, de l’airelle rouge ou du raisin d’ours. L’oiseau peut digérer ces aliments riches en fibres grâce aux à des ramifications du tube digestif (caeca) contenant une faune bactérienne particulière capable de transformer la cellulose. Au printemps, de nombreuses plantes herbacées s’ajoutent aux plantes ligneuses. Le régime alimentaire estival est très diversifié ; il est composé de feuilles de plantes herbacées et de fleurs ou de fruits de végétaux tels que la renouée vivipare, les potentilles et les trèfles. Ces aliments sont également dominants dans la nourriture des poussins, qui recherchent en plus, des petits invertébrés (insectes, petits mollusques, araignées).

En automne, les rameaux des arbrisseaux nains sont à nouveau consommés, avec un complément important des fruits de myrtille, de renouée vivipare et de saxifrages, ainsi que des feuilles de saules, de saxifrages et de dryade.