Un avion Halifax quadrimoteur de la Royal Air Force s’est écrasé dans la nuit du 13 au 14 juillet 1944 sur le flanc est du pic du Douly, à 1400 mètres d’altitude, dans le Haut Nistos dans la commune de Sacoué. Il venait de Blida en Algérie. A son bord se trouvaient 7 membres d’équipage qui ont tous péris dans cette catastrophe. Ils avaient pour mission de parachuter de l’armement, des munitions et des équipements pour le maquis de Nistos Esparros. Cet équipage a pris un risque énorme pour effectuer de nuit cette difficile mission sur les contreforts nord des Pyrénées dans un pays occupé par l’ennemi. Les moyens de navigation n’étaient ce qu’ils sont aujourd’hui. Cela nécessitait un personnel parfaitement rompu à ce genre d’opération. Pour réussir, les contacts visuels avec le sol étaient essentiels.

Equipage photographié devant leur avion à Blida (Algérie)

Le 13 juillet vers 23 heures, la brume est venu contrarier tout cela et elle est peut-être à l’origine de cette catastrophe. C’est dans l’après-midi du 17 juillet que l’appareil était découvert par messieurs François RUMEAU et Pierre SEUBE de Nistos. Le jeune berger, René RUMEAU, qui se trouvait à proximité a été chargé, par eux, d’aller prévenir monsieur Lucien RUMEAU, instituteur dans le Haut Nistos ; ce dernier étant en contact avec les résistants. Le lendemain, 18 juillet, un groupe composé de Lucien RUMEAU de messieurs ESTEVE, MOUSIS, COUBRY et du détachement de Louis NASARE du maquis, quitte le village au petit jour. A ce groupe, se joignent messieurs NOGUES de Seich, François BRACALI, Alexandre SEUBE, Alphonse et Michel BRACALI, Jean RUMEAU et René RUMEAU âgé de 15 ans. Après 3 heures de marche ils découvrent le lieu du crash.
Il a fallu une journée entière pour recueillir tous les indices, plaques d’identité, bagues, médailles afin d’identifier les corps et de procéder ensuite à leur inhumation. Dure mission pour les jeunes du maquis et ces habitants du Nistos. Un à un les corps sont placés dans des containers de parachutage et déposés dans des fosses. L’inhumation terminée, monsieur ESTEVE fait présenter les armes par les jeunes du maquis. Une minute de silence est observée. Mais la réalité est là. Les Allemands peuvent intervenir à tout moment. Il faut donc garder le secret.
Les maquisards savent qu’ils peuvent faire confiance à l’admirable population du Nistos et de l’Arize. Quelques jours après l’enterrement c’est par dizaines que les habitants sont montés se recueillir et fleurir les tombes. Les autorités officielles, informées par un rapport de la gendarmerie de Loures Barousse, daté du 4 septembre, ne donneront aucune suite. Ce sont les Anglais, les habitants et les Résistants qui vont pendant 46 ans entretenir le cimetière en évitant ainsi qu’il ne tombe dans l’oubli. A chaque date anniversaire les tombes étaient fleuries par les Anglais accompagnés par les habitants. Au cours des ans, l’immense carcasse de l’avion a progressivement été entièrement pillée.

 

 

 

René Rumeau, âgé de 15 ans.


Le 17 Juillet 1944, à la demande de son oncle François Rumeau, a couru vers le village de Nistos prévenir l’Instituteur Monsieur Lucien Rumeau de la découverte de l’avion au clos du Douly.

De très nombreux habitants sont venus
fleurir les tombes le Dimanche 30 Juillet 1944.


1ère clôture du cimetière réalisée en Août 1944.
Photo prise en 1945, Paul Rumeau est assis
sur la clôture devant lui sa sœur Janine Rumeau.
Tous deux sont les enfants de Mr. Rumeau l’instituteur.

La 1ère clôture a été détruite par le temps, une 2ème a été construite. Les piquets en ciment ont été montés à l’aide d’un traineau tiré par deux vaches, durée du trajet 4 h.30. Personnes ayant participées à l’édification de la clôture : Joseph Rumeau, Pierre Campan, Jean-Marie Maupomé.
Sont présents sur cette photo datant de 1951, un Anglais père d’un aviateur, Roland Estève, la fille de cet Anglais, Mr. Noguès (Maire de Seich), Pierrot Estève, Mr. Estève (un des responsables du parachutage en Juillet 1944), Mme Estève.

Cérémonie du 13 Août 1954

Cérémonie du 13 Août 1954

Cette cérémonie restera comme étant la plus importante parmi toutes celles qui ont été organisées jusqu’à ce jour.
Elle a été préparée par les anciens combattants de la Résistance des hautes Pyrénées, la population des vallées et avec Monsieur RUMEAU et les anciens maquisards.
Dans la matinée du 13 août 1954, c’est par centaines que les habitants de la région ont entrepris la longue montée vers le cimetière par la vallée de Nistos et par la vallée de l’Arize.
De très nombreuses familles venues d’Angleterre, étaient présentes accompagnées par beaucoup de leurs amis de la Royal Air Force.
Certains participants ont mis plus de 4 heures pour atteindre le cimetière. D’autres sont arrivés en cours de cérémonie.

La manifestation a débuté à 14 heures. Il faisait un temps splendide.
45 soldats du 35ème de Tarbes, commandés par un lieutenant rendaient les honneurs.
Tout d’abord, a eu lieu l’inauguration d’une plaque en cuivre offerte par les habitants du Nistos. Elle est représentée sur la photo ci dessous, scellée au rocher qui existe toujours.
Elle rappelle « qu’à cet endroit reposent 7 aviateurs anglais et canadien et invite les passants à leur accorder une pensée ».
L’appel des morts a été fait par un anglais et par Jean BORDES, ancien du maquis.
Pour la première fois un prêtre était présent pour bénir les tombes.
Cette cérémonie, sans discours, devant cette foule nombreuse et les tombes fleuries a été des plus émouvantes.

Cérémonie du 1er Juin 1986

Venant d’Angleterre, en car, un groupe d’Anglais a séjourné dans le Nistos du samedi 31 mai au samedi 7 juin 1986.
Parmi eux, se trouvait Monsieur Georges WALSH, frère de James Edward WALSH, sergent mécanicien qui repose au cimetière du Douly depuis le 18 juillet 1944.
Le commandant THOMAS de la R.A.F. qui conduisait le groupe avait avec lui des jeunes apprentis d’une école technique de la R.A.F.
Accompagné du maire de Nistos, Monsieur Xavier RUMEAU, de Marcel Soubiran, ancien maquisard, de Jean Recurt, d’une dizaine d’habitants et des apprentis, le commandant THOMAS s’est rendu au cimetière le 1er juin 1986. C’est Didier Castéran qui a servi de guide en empruntant le parcours côté vallée de l’Arize.
Une cérémonie s’est alors déroulée. Le son de la trompette jouant la sonnerie aux morts, interprétée par le commandant THOMAS a retenti dans le brouillard et a été un moment des plus émouvants.
Dans les jours suivants, les membres de ce groupe vont améliorer le site. Ils vont délimiter le cimetière avec des pierres plates et faire une allée en pierre conduisant à la stèle. De plus, ils vont rassembler en un seul tas tous les débris qui restent de l’appareil.
2 plaques en cuivre, fixées sur une planchette, témoignent du passage du commandant THOMAS et de son groupe.

Arrivée du Cdt Thomas au cimetière le Dimanche 1er Juin 1986, accompagné de Mr. Xavier Rumeau, Maire de Nistos, de Mr. Recurt et de Mr. Soubiran, ancien du Maquis. Mr. Castéran à droite de la photo a servi de guide à ce groupe en passant par la vallée de l’Arize

Groupe de jeunes apprentis d’une école Technique de la Royal Air Force. Ils sont venus en car depuis la Grande Bretagne. Ils ont séjourné à Nistos du Samedi 31 Mai au Samedi 7 Juin 1986.